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URBANISME ET SECURITAIRE

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le 20 mars 2026

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Depuis plusieurs années, l’îlot 8 réalisé par Renée Gailhoustet dans la ZAC Saint-Denis Basilique (1976-1986) est l’objet d’un projet NPNRU (Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain) de dénaturation urbaine, malgré l’opposition exprimée depuis 2017 par les habitants, les architectes-auteurs d’origine et d’autres personnalités extérieures du milieu architectural. En effet, 167 locataires sont signataires d’une pétition qui refuse l’opération (sur 180 appartements). Créé en 2015 le Collectif de l’îlot 8 s’est depuis le début mobilisé sur la rénovation du quartier. Alors qu’auparavant le collectif pouvait négocier le projet d’aménagement avec les initiateurs, depuis 2020 le collectif s’oppose totalement au projet de la municipalité de Mathieu Hanotin qu’il tente d’imposer sans concertation. Sous couvert de sécurité publique, les décideurs (Mairie, PCH et Plaine Commune) veulent fermer la dalle haute et faire peser le coût de cette privatisation sur les locataires actuels, avec pour objectif plus au moins affiché de réduire le logement social sur l’Îlot à 50 % avec un projet de résidentialisation qui relègue la réhabilitation urgente des logements, pourtant plébiscitée par l’ensemble des locataires, à une dernière phase des travaux.

Dans l’émission d’aujourd’hui nous vous diffusons donc le montage du débat organisé par la collectif de l’îlot 8 le 14 février dernier, sur l’urbanisme sécuritaire, avec Lucie Delaporte, journaliste à Médiapart, Alain Bertho, anthropologue, Francis Landron, architecte, et militant à Stop démolitions.

Tract des habitants de l’îlot 8 :

Nous sommes un collectif d’habitants.tes de l’îlot 8 situé au dessus du centre commercial Basilique. La ville, Plaine Commune, le bailleur PCH, la société qui gère le centre commercial, vont déposer des permis de construire en 2025 pour engager la rénovation de l’îlot 8 et de la ZAC Basilique.

Les permis de construire vont porter sur la rénovation du centre commercial et la résidentialisation de l’îlot 8.

Ils prétendent préserver le patrimoine remarquable de Renée Gailhoustet, architecte de l’îlot, primée dans plusieurs pays pour son audace, sa conception progressiste du logement social. Mais ils veulent détruire tous les escaliers montant sur la dalle, enlever les passerelles reliant les îlots, retourner les halls, condamner des passages dans le centre commercial, privatiser des espaces publics, supprimer la libre circulation entre les îlots,

Les services publics et activités sociales vont être déplacés : La radiologie, la crèche, la MAM, Objectif emploi, la Maison Jaune…

Ils veulent transférer aux locataires les charges d’entretien et de la végétalisation de la dalle, aujourd’hui de la responsabilité de la ville .

Mathieu Hanotin déclarait le 5 mars 2021, lors d’un comité de pilotage du projet de rénovation de l’ANRU : « Est ce qu’il y a un enjeu de mixité sociale dans la ville du haut ? Clairement oui. Aujourd’hui dans la ville de l’étage quand on prend tous les îlots on est sur du 100% de logement social : Ce n’est pas normal »

Ils veulent changer la population du quartier. Ils veulent diminuer le nombre de logements sociaux. Leur objectif c’est 50% de logement social 50% de logement privé. Ils veulent développer l’accession à la propriété, au nom de la mixité sociale. Ils veulent chasser les plus pauvres et gentrifier le centre-ville de Saint-Denis.

Ils passent en force. Ils ont refusé de discuter du projet avec les habitants.tes alors qu’ils en avaient l’obligation et le présentent aujourd’hui comme une décision irréversible.
Aujourd’hui ils font de « pseudo-ateliers » pour informer de ce qu’ils ont décidé mais pas pour prendre en compte l’avis des habitants.tes. On peut au mieux discuter de la position des plantes vertes.

Nous ne voulons pas de cette rénovation qui se fait sans les habitants.tes, contre les habitants.tes

Nous ne voulons pas de cette résidentialisation qui prépare la privatisation des logements, la baisse du nombre de logements sociaux, la hausse des charges et des loyers, le changement de population.

Nous ne voulons pas d’une résidentialisation qui dénature l’architecture et modifie les usages de tous les habitants.tes.

Nous voulons une rénovation de qualité, au service des habitants.tes qui y vivent, concertée avec elles et eux.

Nous voulons en urgence la réhabilitation de nos logements. C’est la priorité, les locataires l’attendent depuis trop longtemps.”