POLITIQUES ASSASSINES ET SANTÉ AU TRAVAIL

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Gestion incohérente de la pandémie de Covid-19, mépris du travail des soignant·e·s, démantèlement du droit du travail, incendies toxiques de Notre-Dame-de-Paris et de Lubrizol, invisibilisation des cancers d’origine professionnelle… Ce livre révèle le point commun entre ces différentes catastrophes : la mise en danger généralisée des travailleur·se·s par l’État et le patronat. Il tente également de répondre à cette question brûlante : que faire pour promouvoir la santé et la démocratie au travail ?

Dans ces entretiens, Annie Thébaud-Mony revient sur son expérience internationale de recherche et de militantisme sur les maladies professionnelles, explique ce que la pandémie révèle de la destruction des droits à la santé en France, raconte les luttes actuelles auxquelles elle participe et étudie les liens entre leurs dimensions sociale et environnementale. L’analyse de ces mobilisations, où se rencontrent travailleur·se·s, chercheur·e·s, militant·e·s et habitant·e·s, trace ainsi le chemin d’une possible démocratisation du travail, afin de le mettre au service de la santé et de la vie.

Dans l’émission de ce jour, nous vous diffusons une partie de cette rencontre autour du livre d’entretiens réalisés par Alexis Cukier et Hélène Stevens intitulé : Politiques assassines et luttes pour la santé au travail. Covid-19, cancers professionnels, accidents industriels, paru aux éditions La Dispute.

Cette rencontre débat se tenait ce 29 mai 2021à la Bourse du travail de Paris, a l’initiative de L’Association Henri Pézerat, Santé – Travail – environnement, Les Ateliers Travail et Démocratie, Les Éditions La Dispute et L’UD CGT Paris.

Nous entendrons entre autre, les interventions de la sociologue de la santé et du travail, Annie Thébaud-Mony.

LUBRIZOL TENTE D’ÉCHAPPER A SON PROCÈS

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Rouen 26 septembre 2020 ; manifestation devant l’usine lubrizol

Le 26 septembre 2019, les habitantes et habitants de Rouen et de son agglomération se réveillaient sous un immense panache de fumées. Dans la nuit, près de 10 000 tonnes de produits chimiques ont brûlé. Malgré les propos rassurants du ministre Castaner et du préfet local, les faits sont là : le nuage comprenait bel et bien des composants cancérogènes, et des débris des toitures amiantés ont couvert une partie de la ville. Mais 18 mois après, Lubrizol essaie d’éviter son procès pénal

Tout d’abord le Samedi 27 mars 2021, dix-huit mois après l’incendie de l’usine Lubrizol, près de 150 personnes se sont rassemblées à Rouen pour manifester.

Car Lubrizol est en train de tenter un recours en nullité au tribunal de Paris pour échapper aux sanctions qui pèsent justement sur cette entreprise chimique. En effet, ils veulent faire valoir un vice de procédure pour que le procès n’ait pas lieu et tente d’acheter Bertrand Bellanger, président du Département, qui aimerait abandonner toutes poursuites contre l’entreprise pour la somme de 115 000 € , affirme Christophe Holleville, secrétaire de l’Union des victimes de Lubrizol.

Nous sommes le deuxième pays d’Europe en nombre de sites dangereux. Il y a en France trois accidents industriels par jour et nous ne le savons pas et nous ne bougeons pas », continue Paul Poulain, membre de Notre maison brûle, une « plateforme d’autodéfense populaire face aux dangers industriels ».

Il faut que le procès ait lieu, parce que c’est le moyen de faire reconnaître ce qui s’est passé. Pour l’instant, les différentes associassions mobilisées ont plutôt l’impression que tout est fait pour invisibiliser l’incendie de Lubrizol et pour minimiser ces conséquences, car il faut absolument qu’il y ait un suivi des maladies, des cancers, des malformations congénitales.

« Lubrizol France par l’intermédiaire de Madame Striga, la présidente de Lubrizol France, soutient qu’un agent de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) aurait été auditionné par le service régional de police judiciaire (SRPJ) durant l’enquête, et que cette audition n’aurait pas été versée à la procédure, jetant un doute sur l’ensemble de la procédure. Elle s’appuie sur une discussion qu’elle aurait eu soi-disant avec un agent de la DREAL, dans un couloir, qui lui aurait dit qu’elle aurait été auditionnée par le SRPJ, sauf que c’est faux.

Les associations d’habitants soutienne que « c‘est un gros mensonge, et le dossier ne serait pas équitable. Mais de qui on se moque là ? Une entreprise qui fait des milliards, si elle veut bien se battre, elle n’a qu’à engager de bons avocats, et se battre contre nous, les pauvres petites victimes. Si elle croit qu’elle va se défiler comme ça, elle se trompe, parce que nous on ne lâchera pas. C’est vraiment la honte de voir un industriel qui fuit ses responsabilités. Nous sommes déterminés, une affaire comme celle-ci, elle ne peut pas s’arrêter sur une nullité comme ça. C’est grave ce qui s’est passé le 26 septembre, on a eu de grosses séquelles, psychologiques, physiques. C’est David contre Goliath, une industrie milliardaire, face à nous qui sommes des victimes, monsieur et madame tout le monde, avec nos pauvres moyens qui nous battons contre cette multinationale. Et aujourd’hui, elle se fait passer pour quelqu’un qui n’aurait pas le droit à un procès équitable. Quelle honte, c’est honteux. Mais ça nous donne de l’énergie pour les combattre pénalement ».

L’agent de la Dreal a été interrogée par un juge d’instruction, elle  aurait déclaré qu’elle n’a jamais été auditionnée par le SRPJ de Rouen, contrairement à ce que prétendrait la présidente de Lubrizol France, ajoute Simon De Carvalho.

Cette affaire, a été étudiée le 31 mars à Paris.

Manifestement, cette requête est vouée à l’échec, comme cela devrait être confirmé lors du délibéré du 30 juin. Cependant, cela aura permis à Lubrizol de gagner du temps en retardant les investigations et en reculant la programmation du procès pénal, espérant sans doute que les habitantes et habitants auront alors oublié le crime industriel du 26 septembre 2019.

Si le ministère de l’Environnement a pris quelques mesures après l’incendie concernant les stockages de produits dangereux, le compte n’y est pas et les industriels, à Rouen comme ailleurs, continuent à jouer avec la vie des travailleurs et travailleuses et des riveraines et riverains. Il reste à construire un mouvement d’ensemble pour organiser une résistance populaire contre les risques industriels. Les initiatives de mobilisation de septembre prochain pour les 20 ans de l’explosion d’AZF et les deux ans de l’incendie de Lubrizol pourraient y contribuer.

Dans un premier temps, vous allez entendre Simon qui fait partie de l’association des victimes de Lubrizol et qui était à Paris dans la salle d »audience. Puis Christophe qui s’est rendu également à Paris et suivra un extrait de la réunion publique organisée le 25 septembre 2020 par le collectif unitaire lors de l « anniversaire » dès un an de la catastrophe de Lubrizol à Rouen.

LUBRIZOL 1 AN APRÈS

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Un an après l’incendie du site Lubrizol à Rouen, l’appel « Notre maison brûle et nous ne regarderons plus ailleurs », signé par de nombreuses organisations et personnalités, a appeler à une mobilisation le 26 septembre  dernier devant les sites industriels dangereux. Sur 500 000 installations classées pour la protection de l’environnement, 459 000 échappent à toute inspection !

Dans l’émission de ce jour, nous entendrons les différentes intervention qui a rythmé la réunion publique d’information qui se tenait ce 25 septembre à Rouen.

NOTRE DAME DE PARIS


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Dans l’émission de ce jour , nous revenons sur l’incendie qui c’est déclaré le 15 Avril dernier dans la cathédrale notre dame de paris.

Dans ce cadre , nous vous diffusons une partie de la rencontre qui se tenait le 30 septembre dernier , organisée par un collectif de syndicats et d’associations : CGT – FSU – AFVS – Henri Pézerat , a la bourse du travail de Paris.

Dans un premier temps ,nous entendrons plusieurs intervenantes et intervenants qui reviendront sur les suites de l’incendie et dans un second temps les questions et observations du public.