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Le Syndicat des Médecins Généralistes (SMG) ne rejoindra pas l’appel à la grève de janvier 2026

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Aujourd’hui, nous vous diffuson un interview réalisé avec un membre du SMG qui revient sur les raisons pour lesquelles son syndicat n’ a pas rejoint l’appel à la gréve de ce début d’année.

Publié le vendredi 19 décembre 2025, par SMG

” Les syndicats et organisations de défense des intérêts des médecins libéraux appellent à une grève à partir du 5 janvier prochain et à des manifestations afin de protester contre le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), qui vient d’être adopté le 17 décembre. Sous couvert de défendre l’accès aux soins et le système de santé, ces organisations défendent surtout les privilèges d’une corporation et ses bénéfices. Ielles s’insurgent contre les limitations portées aux dépassements d’honoraires, contre le contrôle de l’augmentation injustifiée des profits réalisés dans certaines spécialités, et défendent bec et ongles un système libéral qui a désormais largement fait la preuve de son incapacité à remplir le service essentiel à la population que représentent les soins de santé. Le SMG partage avec les syndicats médicaux le rejet de certaines mesures de ce PLFSS, qui vont à l’encontre de la santé des habitant·es en obligeant les médecins à limiter leurs prescriptions d’arrêts de travail pourtant nécessaires à la santé de leurs patient·es… et en infligeant des amendes aux professionnel·les de santé si ielles ne remplissent pas le dossier médical partagé. Le SMG rejoint surtout les critiques d’un PLFSS, dont les mesures les plus violentes socialement, telles que le doublement des franchises médicales, ont été reportées [3], mais qui reste un budget d’austérité dans la même logique néolibérale de privatisation du système de soins avec entre autres la taxation des complémentaires santé qui se reportera finalement sur les assuré·es. Nous pensons qu’il faut sortir d’une logique purement budgétaire. Un changement radical de paradigme est nécessaire tant au niveau de l’organisation du système de santé que dans le renforcement de la protection sociale. Nous continuons à militer pour une Sécurité sociale universelle à 100 % [5], pour une réelle démocratie sanitaire incluant les habitant·es, pour la lutte contre les dépassements d’honoraires et pour le développement d’un grand service public du soin de premiers recours [6]. Ces mesures permettront d’améliorer les conditions de travail des professionnel.les, de reprendre le contrôle démocratique de l’organisation territoriale des soins primaires et d’améliorer l’accès (financier et géographique) des personnes aux soins selon leurs besoins. Pour défendre un système de santé plus juste, plus respectueux des travailleur.ses et des usager.ères, plus accessible, et surtout plus efficace, médecins ou pas, rejoignez le SMG ! Pour l’Assurance Maladie Obligatoire Universelle Remboursant à 100 % Publié le mardi 11 octobre 2022, par SMG A la demande du ministre de la Santé, le Haut Conseil pour l’avenir de l’Assurance maladie a rendu un travail fin 2021 avec 4 scénarios d’évolution, notamment celui d’une « Grande Sécu ». Suite à ces annonces, le Syndicat de la médecine générale (SMG) a constitué un groupe de travail pour réfléchir et faire des propositions concernant l’accès aux soins et la Sécurité sociale. Un texte a été produit après 6 mois de travail collectif, dans lequel le SMG réaffirme ses fondamentaux et défend une assurance maladie obligatoire universelle remboursant à 100 %.
Ce texte est le résultat d’une écriture collective de mars à septembre 2022.
Introduction Depuis le XIXe siècle, la protection sociale s’est progressivement construite mais reste encore et toujours le terrain de luttes.
La protection sociale a pour objectif de protéger chacun.es contre les différents accidents de la vie (maladie, accident du travail, vieillesse, chômage) et a donc globalement un impact positif sur la santé. En effet, garantir un revenu permettant de subvenir à ses besoins en cas de perte de travail ou lors de la retraite, par exemple, permet de continuer à avoir des conditions de vie correctes : manger à sa faim, satisfaire ses besoins en hygiène, dormir à l’abri des aléas climatiques… Tout cela impacte positivement un certain nombre des déterminants en santé et contribue à maintenir un bon état de santé de la population.
S’il n’y avait pas de service public de santé associé à un système mutualiste public, il y aurait probablement un service privé qui permettrait aux plus riches d’avoir accès à un système de soins organisé. En effet, il n’y a pas de système de soins organisé sans système financeur, c’est-à-dire sans organisme « collecteur », indifféremment du fait qu’il soit public ou privé. De plus, un tel système d’assurance sociale doit être généralisé au plus grand nombre pour permettre d’avoir un niveau de dépenses de santé suffisant et ainsi participer à maintenir une population en bonne santé.
Penser l’assurance maladie nécessite donc en préambule, de rappeler que seule, elle ne peut garantir la santé d’une population : c’est bien la protection sociale dans son ensemble (retraite, chômage…) qui permet d’atteindre des objectifs de bonne santé d’une population. Dans ce texte, nous développerons les principes fondamentaux que le SMG souhaite pour une assurance maladie obligatoire, universelle et solidaire, qui prenne en charge en totalité les frais de santé. Nous détaillerons ensuite les enjeux de financements et gouvernance d’un tel modèle, en affirmant notre conception de l’assurance maladie comme bien commun, c’est-à-dire appartenant à tous·tes et gérée par des processus coopératifs de démocratie participative et directe. Enfin, nous répondrons aux arguments qui ont été opposés à ce modèle alternatif.
Ce texte n’a pas vocation à être exhaustif ni programmatique. Il est un outil pour partager nos idées et points de vue en espérant ainsi ouvrir le champ des possibles ; champ de possibles que nous savons devoir et voulons construire avec d’autres. Toute personne ou organisation ayant envie de partager ces réflexions sur le sujet est donc la bienvenue.”